Ce numéro de la revue LEA paraît alors que les universités françaises – dont celle de Lille – sont financièrement exsangues, du fait des nombreux transferts de charges décidés par les gouvernements successifs et non compensés par les dotations budgétaires annuelles. Une situation analogue est vécue par les collectivités territoriales. Ce qui est sacrifié, ce sont les services publics, sociaux, de santé, d’enseignement, de proximité, tous marqueurs habituels d’un « bon gouvernement » et de la vie harmonieuse des citoyens. Ce qui est sacrifié, c’est aussi l’avenir de notre pays, par la chute de la qualité de la formation, la restriction drastique des crédits dédiés à la culture et aux associations, le renoncement au peu de mesures écologiques prises initialement, l’abandon de pans entiers de la recherche fondamentale.
Ceci alors que les plus riches sont les moins taxés par l’imposition, que le nombre de milliardaires augmente, que certains utilisent une partie de leurs immenses fortunes pour investir dans les technologies intrusives, créer et gérer les « réseaux sociaux », renverser le socle culturel sur lequel sont fondées nos vies, mettre sous leur coupe la presse et l’édition par lesquelles circulent informations et idées, grâce auxquelles peut vivre la démocratie. À ces dangers pour notre République et ses fondements s’ajoutent d’autres menaces, plus graves encore : l’internationale réactionnaire vise explicitement à déstabiliser les démocraties européennes et leur universalisme affiché au bénéfice des replis identitaires. Modestement, notre revue et notre programmation visent, au contraire, à étendre les champs de la critique, de l’argumentation, de la culture, veut faire des propositions, montrer des exemples, instruire pour contribuer à faire vivre une des fonctions essentielles de l’Université : la contextualisation, la problématisation, la mise en débats.
Bonnes lectures ! L'Association l'Esprit d'Archimède
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